mardi 1 mai 2012

BCN-BPF MONTSEGUR

Deuxième objectif du séjour, obtenir la validation du site de Montségur. Il fait 3° ce matin quand je quitte Saint Paul de Jarrat pour parcourir les circuits 16 et 17 de la "Randonnée Cyclotouriste dans Ariège-Pyrénées". Malgré ce temps froid, le soleil est bien présent, le vent venant de l'Est m'aidera à bien finir cette randonnée qui va me demander de la volonté.


 Je quitte donc Saint Paul pour me diriger vers la première difficulté de la journée : le col de la Lauze.

 Parti de 500 m à partir de Celles, il faut atteindre 940 m tout au long d'une montée à 7% avec des passages parfois à 9-10%.
 Sur les 15 kms d'ascension, seuls les 6 premiers sont difficiles, le reste monte à 2-3%.
 Pas une voiture sur cette route, mais des rencontres fortement sympathiques.
 J'atteins enfin ce premier col et me laisse ensuite descendre vers Montferrier d'où une deuxième montée m'attend pour arriver à Montségur.
 Au départ de Montferrier ce sont 4 kms à gravir à 8-9% sans palier de récupération.
 Le col de Montségur est bientôt en vue, il m'aura fallu presque 30 minutes pour accomplir ces malheureux 4 kms .....
 Atteindre 1000 m était un objectif, mais le château lui est 200 m plus haut. Et ce sera donc à pied !!!!
Le château de Montségur (Montsegur en occitan), construit en 1206, est un château qualifié de cathare. En effet, ce château fut implanté à l'emplacement arasé de l'ancien village fortifié qui constituait, jusqu'au siège de 1244, le lieu de résistance des cathares et des faydits. Les cotes architecturales démontrent que le château actuel fut conçu sur la base de la canne anglaise qui ne fut introduite qu'ultérieurement ce qui prouve que celui-ci a été partiellement reconstruit par la famille du nouveau Seigneur des lieux, le Maréchal de la Foi Guy II de Lévis après la reddition cathare de 1244.

Pour accéder au Château, c'est à pied et la pente est exigeante.


Dans la première moitié du XIIIe siècle, la forteresse subit pas moins de quatre sièges dont un seul sera couronné de succès :
Guy de Montfort, frère de Simon IV de Montfort fait une première tentative en 1212,
Simon IV de Montfort dirige la deuxième en 1213,
En juillet 1241, Raymond VII de Toulouse sur l'ordre de Louis IX débute un siège qu'il lève sans même donner un assaut,
Le dernier est l'œuvre de Hugues des Arcis, sénéchal de Carcassonne.
Ce dernier fut déclenché par le massacre de quelques inquisiteurs en 1242 à Avignonet par une soixantaine d'hommes issus de la garnison de Montségur. Le sénéchal de Carcassonne et l'archevêque de Narbonne (Pierre Amiel) furent chargés d'assiéger la forteresse, sur l'ordre de Blanche de Castille et de Louis IX. En mai 1243, les croisés, au nombre d'environ 6 000 hommes, entourent Montségur.
L'équilibre des forces perdure jusqu'à Noël 1243 où une poignée d'« alpinistes » parvient, suite à une escalade audacieuse effectuée de nuit, à se rendre maître de la tour de guet. À partir de ce moment, un trébuchet est acheminé et monté, qui bombarde sans relâche la position des assiégés comme en témoignent les nombreux boulets de pierre taillée retrouvés sur le site. Environ un mois plus tard, peut-être suite à une trahison locale, la barbacane tombe aux mains des assaillants.
Un dernier assaut lancé en février sera repoussé mais laissera les assiégés très affaiblis


Le 1er mars 1244, Pierre-Roger de Mirepoix se voit contraint de négocier la reddition de la place forte. Les termes en sont les suivants :
la vie des soldats et des laïcs sera épargnée,
les parfaits qui renient leur foi seront sauvés,
une trêve de 15 jours est accordée pour les cathares qui veulent se préparer et recevoir les derniers sacrements.
Le 16 mars, la forteresse s'ouvre à nouveau. Tous les cathares qui refusèrent de renier leur foi périrent sur le bûcher qui fut dressé pour un peu plus de 200 suppliciés dont la femme, la fille et la belle-mère de Raymond de Péreille : après avoir distribué tout ce qu'ils possédaient à ceux qui les avaient défendus durant dix mois, les parfaits de Montségur furent enfermés dans un enclos préparé au pied de la montagne puis les croisés mirent le feu aux fagots qui y étaient entassés. En tout, deux cent vingt hommes et femmes périrent dans le brasier. Parmi eux se sacrifièrent des soldats de la garnison qui n'avaient pas voulu les abandonner.
Pour certains, le bûcher aurait été monté à 200 m du castrum dans le "Prat dels Cremats" (le champ des brûlés) où une stèle fut par la suite érigée par la contemporaine Société du souvenir et des études cathares. Sur la stèle figure l'inscription : "Als catars, als martirs del pur amor crestian. 16 de març 1244". Pour d'autres, il semblerait que le lieu réel du bûcher soit sur la colline au-dessus du parking à droite du col en se rendant sur Montferrier.

Après la prise du château en 1244, la possession du pog revient à Guy II de Lévis, Maréchal de la Foi, seigneur officiel de Mirepoix depuis le traité de 1229. Les restes du village cathare furent rasés ainsi que l'enceinte fortifiée extérieure. Le castellum fut restauré et réaménagé pour y poster une garnison d'une trentaine d'hommes qui resta présente jusqu'au Traité des Pyrénées au XVIIe siècle. Certains documents mentionnent le château comme étant « défensable » en 1510. Puis, au fil des décennies, le château finit par être abandonné





Chaque année, au solstice d'hiver, le premier rayon de soleil à l'horizon traverse le château dans sa longueur et, au solstice d'été, il traverse les quatre archères du donjon au nord-ouest avec une précision millimétrique. Un phénomène comparable est visible à Quéribus. Certaines personnes y voient un lien entre le culte solaire, d'origine manichéenne, et la religion des cathares.

Le col de Montségur est 200 m plus bas.
Avec la chute de Montségur, il ne subsiste pratiquement plus rien de l'hérésie qui avait pendant quelques décennies menacé l'unité de la Chrétienté occidentale. Un demi-siècle plus tard, les inquisiteurs auront raison de ses derniers fidèles dans quelques villages reculés des Pyrénées comme Montaillou, devenu célèbre avec le livre que lui a consacré en 1975 l'historien Emmanuel Leroy-Ladurie.

La France de langue d'oc se rallie sans réticence à la monarchie capétienne. Le temps de la réconciliation arrive et les seigneurs méridionaux suivent avec dévouement le roi Louis IX dans ses folles croisades à Damiette, en Égypte, puis à Tunis.

À l'intérieur de l'enceinte vivent une centaine d'hommes d'armes (des faidits), leurs familles, ainsi que le seigneur du lieu, Raymond de Pareille. À l'extérieur, au pied des murailles, s'est constitué un véritable village cathare de 600 habitants avec son évêque, ses diacres et ses fidèles. Ce sont les ruines de ce village que l'on aperçoit ici.

Plus bas se trouve l'actuel village

  que je rejoins pour me faire apposer le tampon de validation du BPF/BCN.

 Puis c'est la descente vers Bélesta en suivant les gorges
 du Lasset.
Juste avant d'arriver à Bélesta, je m'arrête devant la Fontaine de Fontesorbes. Nous voici en face de l'une des curiosités de la nature. Un phénomène très rare. La rivière qui sort de la grotte de Fontestorbes coule par intermittence. Cette fontaine vauclusienne se déverse en cascade de la grotte pendant 36 minutes et 36 secondes, puis s'arrête pendant 32 minutes et 30 secondes. Le débit est de l'ordre de 1600 litres à la seconde mais peut atteindre 3000 litres à la seconde après un orage. Le passage du débit presque nul au débit maximum et inversement s'effectue en quelques minutes. Les pulsations souterraines responsables de cette intermittence ne se produisent cependant que de juillet à octobre. Certaines années de sécheresse, le phénomène peut durer jusqu'en janvier. Le reste de l'année, la fontaine coule en permanence. Le phénomène d'intermittence est d'une régularité astronomique.
 La descente vers Bélesta et la route vers Saint Jean d'Aigues Vives vont me permettre de "récupérer" avant d'affronter les forts pourcentages (7-10% ) menant vers Bénaix, puis vers Villeneuves d'Olmes.
 Après la courte "pause" en dénivelé après Villeneuve d'Olmes, je me présente face à la dernière difficulté de la matinée, la montée vers Roquefixade. Là ce sera une montée de 5 kms encore à 7% de moyenne.
 Après cette dernière montée, j'atteins ROQUEFIXADE. Le château est mentionné pour la première fois en 1034. Il sert de refuge et de lieu de résistance pour les Albigeois au XIIIe siècle.
Il est saisi en 1272 par le roi de France Philippe le Hardi, après que le comte de Foix Roger-Bernard III, avec lequel il avait des démêlés, se soit rendu.
Le château subit divers remaniements du XIVe au XVIe pour finalement être détruit en 1632 sur ordre de Louis XIII.

 Roquefixade signifie la "roche fissurée" et évoque l'énorme entaille naturelle comblée par la construction d'une arche de pierre du château. Je poursuis ma route jusqu'à l'hébergement de Saint Paul de Jarrat que je rejoins autour de 13h après avoir accompli 82 kms et un dénivelé de 1617 m !!! A noter si à 8h il faisait 3°, vers 13h la température en plein soleil dépassait les 30°.















dimanche 29 avril 2012

BPF BCN FOIX

Premier jour dans l'Ariège. Premier objectif le plus proche de Saint Paul de Jarrat : Foix. Je m'indexe sur le circuit n° 1  de l' "Ariège-Pyrénés à vélo" pour accomplir cet objectif.


 Il est 8h30 quand je pars. Le temps est variable, la température est de 12°, le vent venant du Sud souffle à 20kmh. Ce circuit va me promener aux alentours de Foix dans ce que l'on appelle le Plantaurel. Il fait partie du Piémont pyrénéen, les sommets ne dépassant quasiment pas les 1 000 m, et s'étend tout en longueur ou longitude parallèlement à la ligne de crête des Pyrénées.
  Après avoir gravi au départ de Foix, le col de Py, je me dirige vers Dalou et m'arrête devant l'église de Cazals



 Le Col de Charcany est le premier Col du séjour , avec une montée de 5 kms à 2-3%, une vraie "mise en jambe".








 Deux kilomètres plus loin après une descente rapide, il reste un petit "faux plat" pour atteindre le col de Py (525m)

 Plus loin, je repasse à Foix que je vais parcourir avec minutie.
Foix (en occitan Fois1 [ˈfujs, ˈfujʃ] ) est une commune française, ancienne capitale du Comté de Foix, elle est aujourd'hui la préfecture du département de l'Ariège situé en région Midi-Pyrénées. Au recensement de 2009, la ville comptabilisait 9 861 habitants. Elle n'est que la deuxième ville de son département derrière Pamiers qui est l'une de ses deux sous-préfectures.

 Je parcours la Vieille ville : elle conserve aujourd'hui son caractère médiéval. En témoignent les ruelles étroites (Rue des Marchands, rue des Chapeliers), ainsi que quelques maisons à colombage.



 Du haut de son rocher impressionnant, le Château domine la ville, contrôle l’accès vers la haute vallée de l’Ariège, surveille le bas pays, se protège derrière des murailles imprenables.

L’emplacement du château a été stratégiquement bien choisi car comme la centaine de châteaux forts de l’Ariège (la plupart sont en ruines de nos jours), il date d’une époque de grande insécurité, de brigandage, de rivalité de territoire et en plus il devait commander le passage de la chaine des Pyrénées pour lutter contre les invasions.

 Au MoyenAge, le château passait pour imprenable :
« El castels es tant fortz qu’el mezis se defent » (le château est si fort qu’il se défend par lui-même) dit la chanson.

Les grottes du Roc de Foix au confluent de l’Ariège et de l’Arget, sur lequel est construit le château était déjà habité à la préhistoire, une forteresse s’y élève à l’époque mérovingienne mais le château que nous admirons a été construit autour de l’an mil.

Il est le berceau de la célèbre famille comtale qui plus tard s’étendra à la vicomté du Béarn, puis au royaume de Navarre et même au trône de France en la personne d’Henri IV.

 C’est en 1002 qu’il figure dans le testament de Roger 1er Comte de Carcassonne qui le lègue à son fils cadet Bernard. Bernard Roger est le premier seigneur a porter le titre de Comte de Foix. Le château devient résidence comtale jusqu’en 1290.

Malgré le départ de la famille comtale pour le Béarn en 1290, le château resta le symbole de la puissance de ses seigneurs : les grands Foix-Béarn dont Fébus (1343-1391) y séjournaient quand ils venaient visiter leurs terres et en cas de guerre, car c’est de là que s’exerçait la défense du pays.

Durant deux siècles (1209 à 1429) les comtes aux personnalités brillantes furent l’âme de la résistance occitane à la croisade contre les Albigeois et le comté devint le refuge privilégié des cathares persécutés.

 Le château ne fut jamais pris pendant la Croisade contre les Albigeois, bien que Simon de Montfort, en 1211 et 1212, ait plusieurs fois ravagé ses abords ; il le fut par contre en 1272 par le Roi de France Philippe le Hardi.

Aux XII et XIIIème siècle, le château n’avait que deux tours carrées, ce n’est qu’au XV ème siècle que fut ajouté la tour ronde.

Aux XVII et XVIII ème siècle, le château fut le siège du gouverneur du pays et continua d’abriter les symboles du pouvoir : la garnison, les prisons, les archives…..Il resta prison jusqu’en 1862 et il abrite depuis 1950 le musée départemental.

 En 1111, une église romane est "offerte" par un comte de Foix pour abriter les reliques de saint Volusien, 7ème évêque de Tours, mort vers 495 aux portes de Foix alors que les Wisigoths l'exilaient vers l'Espagne.

 Fondée vers 860, l'abbaye de St-Volusien devint le lieu privilégié de la vie politique et religieuse de Foix. Détruite en 1580, au moment des guerres de religion, une église gothique est édifiée au 17ème siècle sur les vestiges de la première église romane (crypte, portail roman côté sud).
En 1789, à la Révolution française, les moines quittent l'abbaye. Les bâtiments de l'abbaye abritent actuellement la préfecture de l'Ariège.
Entamés en 1963, les travaux de restauration ont donné à l'édifice une sobre beauté originelle.
 
Je regagne ensuite Saint Paul de Jarrat au terme d'une randonnée de 59 kms pour un dénivelé de 538m. Le programme à suivre sera beaucoup plus exigeant .....

samedi 28 avril 2012

SAINT PAUL DE JARRAT

Pour valider les 4 BCN/BPF de l'Ariège, il fallait un point de chute et je l'ai trouvé à 9 kms de Foix, à Saint Paul de Jarrat.

 L'annexe de la maison est donc notre lieu de vie.







 Tout autour un environnement végétal de qualité

 Avec une source intelligemment exploitée.




 Et puis il y a l'intérieur aménagé avec goût et fonctionnalité.



Voici un compte rendu photographique de cet hébergement à recommander